Il y a une jeune femme allongée…

Publié le par regardE-MOI

         I.    Il y a une jeune femme allongée. Elle, elle a ouvert ses mains. Ses paumes sont tournées vers le ciel. Elle se laisse pénétrer. Elle est envahie. Elle est la musique en elle. Elle se sent plus sensible et plus intelligente. Atteint un sommet. Elle ne savait pas que c’était possible. Elle est bouleversée et incapable de décrire cette sensation nouvelle. Elle est reconnaissante. Ne sait pas à quel saint se vouer. Elle voudrait ne jamais redescendre.

        II.    Je reviens à l’assistant. Lui aussi a été convié à Houston. Convié n’est pas le mot : fermement invité, plutôt. Invité à s’allonger. Invité à tester la spiritualité du lieu. Un exercice difficile. Biaisé. Il aurait voulu résister. Il aurait voulu faire abstraction de la scène humiliante qui l’avait étendu là. Ne pas être la victime trop sensible d’un cadre fait pour qu’il s’abandonne.

      III.    Il a été pris de terreur. Il ne voulait pas décevoir le maître. Il ne savait plus si c’était beau ou laid. Il s’est décomposé. Il s’est allongé et il a pensé en rester là. Devenir le gisant de la chapelle. Attendre sans boire ni manger une visitation. Il a perdu sa conscience. S’est affaibli au point d’avoir des visions. Il s’est imaginé mort. Ses os bientôt à nu. Squelette et vanité exposés. Ses os devenus une poussière brune et sombre. Rendus au néant. Pulvérulents. Il est devenu pigment à son tour, répandu sur le sol en une trop fine poudre. Soulevé par le souffle des pas des gens. Retombant absent dans la lumière sourde de la chapelle. Esprit des lieux présent et invisible.

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